Saw 4 : le jeu est relancé

Ultra-gore et marquant la fin de plusieurs personnages importants, Saw 3 aurait pu clôre une trilogie et signer la mort de la saga du tueur au puzzle. Sauf que bien qu’étant le plus mauvais, c’est celui qui a le plus rapporté. On voit donc débarquer Saw 4 quasiment un an jour pour jour après le précédent. Et heureusement, celui-ci va un peu relever le niveau.

Le Tueur au puzzle et sa protégée, Amanda, ont disparu, mais la partie continue. Après le meurtre de l’inspectrice Kerry, deux profileurs chevronnés du FBI, les agents Strahm et Perez, viennent aider le détective Hoffman à réunir les pièces du dernier puzzle macabre laissé par le Tueur pour essayer, enfin, de comprendre. C’est alors que le commandant du SWAT, Rigg, est enlevé… Forcé de participer au jeu mortel, il n’a que 90 minutes pour triompher d’une série de pièges machiavéliques et sauver sa vie. En cherchant Rigg à travers la ville, le détective Hoffman et les deux profileurs vont découvrir des cadavres et des indices qui vont les conduire à l’ex-femme du Tueur, Jill. L’histoire et les véritables intentions du Tueur au puzzle vont peu à peu être dévoilées, ainsi que ses plans sinistres pour ses victimes passées, présentes… et futures.

Comme chaque année, Saw revient pour Halloween, et en 2007 c’est le quatrième opus qui pointe le bout de son nez. Lions Gate aurait pu arrêter le massacre après Saw 3, mais baisse de qualité ne rime pas forcément avec baisse des entrées (165 millions d’euros amassés dans le monde pour un budget de 10…), donc on repart pour un tour !

Et à la limite, c’est peut-être mieux comme ça, car si Saw 3 était un beau navet, ce quatrième volet réussit à redonner un peu d’éclat à la franchise, sans toutefois atteindre les sommets du premier.

Darren Lynn Bousman est encore une fois derrière la caméra et Kevin Greutert au montage, et les deux larrons se sont un peu calmé sur le rythme épileptique de leurs images. On retrouve une réalisation plus posée, plus lente, qui permet de souffler un peu sans avoir mal au crâne. Et ce sans pour autant s’ennuyer ou décrocher, car contrairement à son aîné, Saw 4 a un scénario.

Sans doute à court d’idées ou las, James Wan et Leigh Wannell n’ont pas écrit Saw 4 (ils restent producteurs exécutifs). Ils sont ici remplacés par Patrick Melton, Marcus Dunstan et Thomas H. Fenton, qui réussissent à prolonger l’histoire malgré la mort de John Kramer et de son assistante. Si on est sceptique au début du film, le tout se met progressivement en place et on arrive presque à y croire au final, après un traditionnel twist qui nous promet un cinquième numéro tant il sème le trouble sur le déroulement chronologique des évènements et les motivations de chacun….

Pour ce qui est du sang, là aussi Saw 4 a un peu levé le pied par rapport à Saw 3. C’est encore très gore (la première scène est vraiment réussie avec l’autopsie de Kramer), mais on n’est plus dans la débauche d’hémoglobine et la violence du troisième, malgré de nouveaux pièges particulièrement cruels. A la photographie, on retrouve encore David A. Armstrong, qui réussit à rendre une image et une ambiance visuelle correctes à la licence.

Quant aux acteurs, on a droit à une pelletée de nouveaux, dont Costas Mandylor, qui viennent s’ajouter aux vétérans Tobin Bell, Donnie Wahlberg ou Lyriq Bent. En revanche, plus de Shawnee Smith, qui n’apparaît que via des images d’archive des précédents films. Tous ces comédiens s’en sortent bien, avec une mention spéciale pour Tobin Bell qui laisse transparaître davantage d’émotions que lors des précédents films et deviendrait presque sympathique.

Saw 4 a donc su corriger les excès en tous genre de Saw 3, et permet à la saga de James Wan de repartir pour un tour avec un film correct sans être au niveau des deux premiers.

Commentaires

Deux points m’ont toujours torturé l’esprit:
1/ comment peut on confier un rôle à Costas Mandylor?
2/ comment peut on pondre un tel scénario en s’y mettant à six mains.
Tout cela me dépasse…

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